Ségur autrefois

jQuery Slider




Lorsque Henri  III de Navarre devint Roi de France sous le nom d’Henri IV, celui-ci rattacha, en 1607, la vicomté de Limoges et de Ségur au domaine royal. Cet événement fut à l’origine de l’affaiblissement sensible du dynamisme et du rayonnement du village. Malgré tout, la cour des appeaux continua à fonctionner, mais de manière moins intense, jusqu’au milieu du XVIII ème siècle. Sa suppression en 1750 au profit de la sénéchaussée de Saint-Yrieix, mit un terme à l’animation que connaissait le village au cours des siècles précédents. Peu à peu magistrats, notaires et familles bourgeoises, que l’interruption de cette cour de justice touchait de plein fouet, s’éloignèrent de Ségur.



Le village prit doucement l’aspect d’une bourgade calme tout en conservant une activité artisanale et commerciale importante, bénéficiant durant plusieurs décennies de la dynamique impulsée par l’ancienne cour de justice. 
La période révolutionnaire connut la destruction des titres féodaux, brulés en place public. 

 

Au XIXème et jusqu’à la moitié du XXème siècle, Ségur est un bourg rural dont l’activité est liée essentiellement  à la campagne et à l’agriculture. Artisanat et commerces de toute sorte y sont particulièrement développés. Aux alentours de 1870, tous les corps de métier étaient encore présents à Ségur. Le village comptait près de 1000 habitants qui pouvaient vivre en complète autarcie.




 

C’est ainsi que  notaire, coiffeur, maréchal ferrant, médecin, sabotier, charron…  pouvaient se rencontrer dans l’un des nombreux commerces que comptait le village – 4 Epiceries, 2 boulangeries, 5 boucheries, 3 cabaretiers, 3 aubergistes, 3 merceries, 2 quincaillers …


Ces « artisans d’art » qu’étaient les charrons et les forgerons, composaient une aide précieuse aux  agriculteurs, pour la réparation ou la confection des charrettes et des tombereaux, pour le cerclage des roues, pour la fabrication ou la réparation des Joux d’attelage ou des  timons, pour la réparation de la herse et de la charrue, fabrication de brouettes…
 

Ségur en 1970 - Témoignage de quelques uns de ces derniers artisans qui parlent de leur métier appelé à disparaitre... Monsieur CHARBONNIER de Ségur et Monsieur REX de Saint Julien le Vendomois en Corrèze. (Document archives I.N.A)

 

En 1920, Ségur comptait encore 850 habitants. C’était un bourg rural avec une activité importante liée à sa rivière jusqu’au milieu du XXème siècle. 3 moulins fonctionnaient encore en 1900. Le moulin Richard en amont, le moulin Saint-Laurent au centre et le moulin Grimal en aval. Ces moulins inscrits sur la carte Cassini (1740) sont dits « Fondés en Titre » au regard du droit d’eau inaliénable acquit pour ces moulins qui fonctionnaient avec la force hydraulique transmise par des montages mécaniques en bois.
Leur activité principale était de fabriquer de la farine pour les boulangeries locales. A la fin du 18ème et au début du 19ème siècle, ces moulins ont également broyé les pommes pour la fabrication du cidre mais ils ont également fabriqué de l’huile de noix.


Le moulin Grimal, le plus en aval, a fabriqué de la farine mais a aussi, longtemps, broyé des pommes pour le cidre.




En 1907 Le moulin Saint Laurent, qui se trouve au centre du bourg, s’est transformé en minoterie à 4 niveaux de hauteur de bâtiment. Cela a permis la suppression des meules et l’installation d’un système de broyage, avec des cylindres cannelés métalliques, accompagné, au dernier étage, de systèmes de tamisage appelés « planchisters ».
Cette transformation importante a permis de faire évoluer considérablement la production tout en laissant la main au meunier qui règle et assure la qualité pour la farine artisanale.

 

Dans les années 20 le Moulin Richard, le plus en amont sur l’Auvezère, a eu la particularité de fabriquer de l’électricité avec une dynamo. Cela permit de mettre en place le premier éclairage public de la commune.

En quelques lignes voici l’histoire : En 1922, le propriétaire du Moulin Richard décide de mettre un terme à son métier de meunier et de vendre le moulin. En 1923 le Maire de Ségur, le Curé de la 
paroisse ainsi qu’un jeune artisan de la Commune, Monsieur Robert Breuil, décident d’acheter le moulin afin d’y installer une centrale. Les 3 amis forment une société anonyme et lancent une souscription auprès de la population. Les résultats obtenus dépassent leurs espoirs; ils récupèrent suffisamment d’argent pour lancer leur projet. Monsieur Breuil se charge du gros œuvre, de l’installation de la turbine, d’un régulateur et d’un alternateur, matériel assez puissant pour fournir un courant continu de 110 volts en force motrice. Le travail fut mené rondement et tout fut fin prêt pour l’inauguration qui eut lieu le dernier dimanche de septembre 1924, le jour de la fête patronale de Ségur. C’est ainsi que la lumière des premières ampoules purent tomber des réverbères pour éclairer la rue principale. Une grande première pour l’époque. A la tombée de la nuit on venait des villages voisins pour "voir" l’électricité à Ségur.

Le Syndicat d’Electrification de Lubersac mit fin à cette belle aventure. L’usine s’arrêta en décembre 1930 après 6 ans de service. Ségur était, à l’époque, une des premières communes du canton à avoir l’électricité.

Une profession aujourd’hui disparue était étroitement liée à la proximité de la rivière. 2 personnes  exerçaient le pénible métier de Dragueur et Vendeur de sable. Chacun d’eux faisait ainsi vivre une famille de 4 personnes. Le sable de rivière était, et reste, un sable haut de gamme. En effet, propre et qualitatif, il est très recherché par les professionnels du bâtiment pour les finitions et la fabrication des parpaings. Le métier de « Dragueur » nécessitait quelques qualités physiques. L’équipement se limitait à 1 barque à fond plat, 1 perche, 1 grande pelle et surtout 1 drague. La drague peut-être assimilée à une grande écope percée de petits trous pour l’écoulement de l’eau. Il valait mieux, également, posséder un quai de déchargement. L’homme partait tôt le matin lorsque la rivière le permettait. Après avoir choisi judicieusement l’endroit, la barque était attachée à un arbre ou à une de ses branches du bord de berge. Le sable était remonté à la drague et déposé sur le plancher du bateau. De temps en temps il était nécessaire d’écoper pour alléger la charge car le sable était mouillé et le surplus d’eau s’écoulait dans le bateau. Ensuite venait le moment de la confection des parpaings. L’entretien annuel de la barque était indispensable pour la pérennité du matériel et cela se faisait en été avec le goudronnage complet de la coque.

Jusqu’à la moitié du XXème siècle l’école communale comportait 3 classes distinctes et 3 instituteurs qui s’évertuaient à transmettre savoir et éducation Classe Ségur 1925-1926 aux enfants du village et alentours. Les jeunes écoliers qui habitaient la campagne partaient tôt le matin et n’hésitaient pas à parcourir plusieurs kilomètres, matin et soir, pour venir à l’école. Celle-ci ne regroupait pas moins de 80 élèves. L’enseignement allait du cours préparatoire à la dernière année de préparation à l’examen tant prisé du Certificat d’Etudes Primaires. Les classes se composaient, de ce fait, de plusieurs niveaux.

 
Pour les enfants qui habitaient loin, le déjeuner du midi se prenait sur place ou à la petite auberge du coin, chez "la Margot"

 

Découvrir Ségur et ses environs à travers le film intitulé "Plume la poule" tourné en 1946 avec Paulette DUBOST

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haut de page